Mercredi 7 octobre 2009


Vendredi. 13h05. Une salle de cinéma. Je suis ce gamin  assis au quatrième rang d’une salle déserte, fixant l’écran avec passion. Nul doute qu’il à les yeux qui pétillent, emplis d’étoiles cristallines [rires intérieurs], mais l’image est de dos, plongeante depuis les derniers rangs, toujours. D’abord, la délivrance.

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12h00. Une rame de métro. Un nœud se joue de mon estomac. Le stress augmente à mesure que mon choix prend forme. Les stations défilent, le point d’arrivé se rapproche…

Michel-Ange. Après, l’irréversible. Le signal sonore retentit. Je m’extirpe de ce wagon avant que les portes ne se referment et marche d’un pas décidé vers ma nouvelle destination. Après tout, avec un tel retard, ça n’aurait pas été raisonnable… si ?

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14h00 environs. Je crois. Je me suis interdit de laisser mon portable allumé. Je ne suis pas sensé répondre, et la peur de me trahir est trop grande pour encourir un quelconque risque. Je sorts de cette salle de cinéma, sourire aux lèvres comme si personne ne devait pouvoir douter, de rien. Je sorts de cette salle de cinéma comme un fugitif sort de sa planque après des années de cavale. J’ai fuis. Je fuis.

Je suis dehors, il est 14h00, effectivement, à quelques minutes près. Je peux reprendre le cours général des événements, et faire comme si tout s’était passé normalement. Ensuite, les regrets.

Par 'Lex - Communauté : ecrivains en herbe
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Mardi 1 septembre 2009

 


Mardi. Quelque part entre le soir et le matin. Qu’importe le temps dans un pareil moment ?

Malgré l’obscurité certaine du lieu, je crois deviner ses douces et fines bouclettes dorées, me donnant une illusion de clarté. Elle se tient là, nue, au milieu de la scène, assise sur ses mollets. Ses petits seins en forme de poire son magnifiques. Ma tête repose sur ses jambes. Dans une position quasi fœtale, je la serre. Fort parfois. Nous échangeons quelques caresses tendres, déplacées, dénuées de tous sens sentimental et sans but précis, comme si nous y étions obligés, pour et par le protocole… car après tout, une fellation, ça ne se commande pas comme au fastfood – et au drive s’il vous plaît, ce serait mal vu. Ce n’est pas bon pour l’éthique. C’est de ça qu’il doit s’agir. Je rêve d’un monde comme un drive géant. Facilité ou protection ?

Elle me caresse les cheveux. Doucement, habilement. Le tableau est Œdipien. Quant à moi je reste là, la tête toujours sur ses jambes. Je pourrais m’endormir ainsi, bercé par ses caresses. Il n’en sera rien. «Je dois m’en aller maintenant ». J’aime par-dessus tout son accent anglais si prononcé. Assez pour lui pardonner d’avoir ainsi rompu  le divin silence, d’un murmure à peine, qui s’abattait sur nos pauvres corps dénudés, pauvres de toute satisfaction sentimentale, pauvres d’identité l’un pour l’autre.

Elle s’extirpe  de le  tente, rompant par la même l’onirisme d’un lieu impersonnel. Je la regarde disparaitre derrière la toile qui se referme à la manière d’un rideau sur le comédien. Il n’y aura pas de rappel ce soir. Elle s’en va, quelque part entre le soir et le matin… Qu’importe le temps, dans un pareil moment ?

 

Je pense au paradoxe des interactions sociales. Le drive à sans doute de beaux jours devant lui.

 

 

 

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Fusain par IrOise


Par 'Lex - Communauté : Poetes Maudits
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Mardi 25 août 2009



 

             « Retard TGV 16h55  La Rochelle. » Voila qui en soit laisse peu de place à la simple coïncidence. Une surprise qui en dissimulait une autre puisque je me suis laissé aller à l’esquisse d’un sourire à la lecture de ces quelques mots en vrac, taper quelques jours auparavant au hasard des résultats d’un moteur de recherche par un visiteur unique, et en son genre.
             Sur le coup, ça m’a fait assez bizarre de penser que l’on pouvait volontairement rechercher un article, qui plus est après l’avoir déjà lu. Assez bizarre pour donner lieu à une note hétéroclite emprunte de simplicité, de détachement, de gratitude. Quoi qu’il en fut.
             Une envie de relecture ? Un second – ou peut être plus - constat de dégout ? D’appréciation ? Une recherche curieuse de nouveauté ?
             C’est donc un hommage singulier, au hasard d’une nouvelle visite.
             Ce n’est, à vrai dire, pas de la sorte que j’avais envisagé une nouvelle réapparition…  comme quoi l’imprévu frappe partout, à tout moment. Cette transition extraordinaire et dotée d’une emprunte stylistique à couper le souffle me permet ainsi d’annoncer une note prochaine. Plus à l’accoutumé cette fois ci.


             La gueule de cette note jure vraiment… Mais il est bon de se diversifier parait-il, c’est tout du moins de la sorte que je me justifie. Puis dire merci, ça adoucit l’image.

             A tous les autres aussi, puisqu’on y est.
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Mardi 24 février 2009


  

Nuit de vendredi à samedi. Un hall d’escalier. Elle est là. Pendant une fraction de secondes elle est là, Elle. Je la vois, ici, dans ce hall, contre ce mur, entre mes bras, le temps de renoncer à toute résistance, puis de la voir disparaitre, heurté, me laissant avec cette fille aux envies brulantes. Je la laisse filer, sans insistance, elle aussi. _________________________________________________________________________________________

04h30  environ. Parvis d’un bar Rochelais. Cette fille si sociable semble relativement ivre.  F. ne s’est pas fait prier non plus pour le remarquer. Elle nous offre une cigarette à chacun, avec complaisance, puis deux autres, ou peut être trois, à l'asphalte détrempé, avec négligence. Notre voisin lui offre du feu. Elle remet donc une tournée pour fêter ça, entre les différents intéressés : F., l’asphalte, et moi. La générosité se fait trop rare pour être refusée à 04h30 passées. _________________________________________________________________________________________

Je regarde s’en aller cette fille désespérément insignifiante. Elle se retourne, cherchant sans doute un dernier signe qu’elle s’empresserait de prendre comme prétexte pour revenir et se perdre un peu plus longtemps sous quelques promesses tactiles. Un prétexte pour se mentir, un peu plus longtemps. Je lui souris une dernière fois.  Elle attendra quelques minutes dans sa voiture. _________________________________________________________________________________________

05h15. Tout ce peuple venu chercher l’ivresse d’un soir se retrouve désormais sur ce même parvis de bar Rochelais. Après nous avoir trainé sur le « dancefloor » pour partager et camoufler sa misère, après nous avoir perdus, puis retrouvés, puis perdus encore, notre Généreuse de 04h30 passées nous retrouve à nouveau. Nous repartons ensemble quelques minutes plus tard. Le doute s’empare de moi lorsque nous arrivons à sa voiture. F., n’étant pas dans un meilleur état que la damoiselle, finira par me convaincre de nous laisser guider, les vices préalablement consommés aidant également. Nous sommes théoriquement morts six fois. Au moins.
             Après avoir fêté notre retour en vie - c’est un peu comme ça que je l’ai ressenti à ce moment là je crois - je raccompagne cette fille jusqu’au dehors, ou presque, nous arrêtant devant la porte de ce hall d’escalier, dans ce coin, ou ses envies brûlantes prennent formes entre mes bras.


Elle est là. Pendant une fraction de secondes elle est là, Elle…

Par 'Lex - Communauté : Poetes Maudits
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Jeudi 12 février 2009


Lundi.13h35. Odéon. Pour une fois, comme promis, je suis en avance. Je me traîne sur le carrefour faisant les cents pas, puis décide finalement de me poser contre la rampe encadrant les escaliers descendants au métro. Il y a du vent, mais c’est relativement agréable. Il ne fait pas froid. J’attends, le regard flirtant avec l’horizon parisien… soit pas bien loin, finalement, mais assez pour me pousser dans les retranchements de quelques scénarios fantasmés qui, tour à tour, se briserons sur la dure réalité de mes relations sociales avec elle… Elle est en retard. J’entreprends de me traîner à nouveau avec nonchalance sur le carrefour jusqu'à ce que l’on me tapote « timidement » sur l’épaule.

Voilà cinq minutes qu’elle marche derrière moi, se disant que je n’allais pas me retourner. 13h55. Elle est en retard. Je la regarde. M. est fascinante. Je me laisse guider jusqu’au cinéma, prêtant l’oreille à ses aventures. J’aime l’écouter, puis ça me parait tellement plus intéressant que ce que j’ai à lui dire.

C’est rapidement que nous arrivons audit cinéma. Nous nous installons dans la salle ou elle me conte brièvement sa dernière soirée avant le commencement de la séance. Des histoires d’enfer et de paradis… avec le recul ça me fait sourire. Presque trop lourd pour une simple coïncidence, s’interrogerait le premier crédule venu.

Presque trop lourd, pour une simple coïncidence.

Un peu plus de deux heures après, soit approximativement 16h15, peut être moins, peut être plus, en fait, et après avoir effleuré, seulement,  les douceurs du paradis,  elle m’emmène  goûter aux affres de l’enfer- et croyez bien qu’il n’y ait là, malheureusement, aucune allusion à un quelconque péché passionnel- ou je me laisse emporter, piégé et par mon désir, et par  sa proposition tant attendue d’aller déguster un bon café. Je ferais ainsi la connaissance de ce type, à l’air effroyablement et tragiquement sympathique, le rendant plus encore détestable. Damned. Un bon ami, dit-elle. J’écouterais alors jusqu'à 18h30, environ, quelques anecdotes déjà entendues, avec tout au plus quelques détails supplémentaires, agrémentés de certaines précisions, peut-être par soucis de conscience, pour que je puisse suivre un minimum les histoires de tout ces gens que je connais  ni d’Adam, ni d’Eve… Je serais presque de trop, et je resterais, jusqu'à la fin, partagé entre le désir incommensurable de rester pour ne serait-ce que la regarder et croiser de temps à autres son regard, et celui de me lever et de m’en aller, sans oublier de poliment, mais non moins nonchalamment, la prier de m’excuser de ce départ prématuré. Malgré mes espérances incessantes, je partirais avant ce type au sourire patibulaire, à peine réconforter d’avoir glané un piètre «rendez-vous » deux jours plus tard…



Mercredi. 07h28. RER C. Je pianote un message, j’arriverais vers 08h00, je suis en retard. D’une heure.

08h00 passées d’une poignée de minutes. M. est là, assise dans le hall. Elle lève la tête de sa lecture et me voit, sourit, range son livre. J’aime à croire qu’elle m’attendait, et je l’imagine, sortant de sa lecture à chaque nouvelle entrée dans le hall, jusqu’à ces huit heures passées d’une poignée de minutes. Je lui présente mes excuses. Nous discutons, attendons, entre silence et banalités.

11h15, sans doute, ce détail n’a guère son importance. Elle m’accompagnera, à son tour, vendredi. Je dois convenir et l’informer de l’heure. En attendant, elle me remercie, répondant subtilement à ma place à une invitation hasardeuse d’une de ses amies à me joindre à elles pour déjeuner.


Vendredi.07h00.

Vendredi.08h00. Levant la tête à chaque nouvelle entrée dans le hall, jusqu’à ces huit heures passées d’une poignée de minutes

Vendredi. 09h00. Levant la tête à chaque nouvelle entrée dans le hall, jusqu’à ces neuf heures passées d’une poignée de minutes

Vendredi. 10h00.

[…]

Vendredi. 16h53. Je monte, à deux minutes du drame, dans mon TGV 8363, en direction de La Rochelle. 16h55. Départ.



Il semble que je fus, ces derniers temps, en retard de bien plus d’une simple heure un mercredi matin. J’ai l’impression d’être en retard d’une histoire. Je n’ai même plus l’impression de diriger ce que je narre… au fond, dans tout ça, un seul ressentiment et plus spécialement à mon égard plutôt qu’à une  quelconque source extérieure :




 

C’est aussi ce que je me  suis dis dans la nuit de ce fameux vendredi. Mais il s’agit là d’une autre histoire.

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Vendredi 2 janvier 2009

 

 


Vendredi. 01h08. Voilà maintenant longtemps que je songeais à revenir hanter cette page. Voilà maintenant longtemps que je ne trouve plus la motivation de le faire. Je ne sais pas vraiment pourquoi, à vrai dire. Ce n'est pas spécialement l'envie qui manque. C'est un peu comme si j'avais peur de prendre conscience que finalement ici, la seule chose que je hante, c'est mon esprit. Mais là n'est pas vraiment le sujet de cette note, et à l'heure ou j'écris ceci, je dois dire qu'il est assez jouissif de me prendre à recommencer.

Je me rends compte que finalement, ici, je n'écris pas aussi librement que je l'aurais pensé, ou voulu. L'anonymat recherché est en fait relativement abstrait. Un détail de trop, une précision qui fait la différence, et un lecteur, une lectrice, insoupçonné(e)... et tout par en fumée. J'aime le tournant que prend cet espace, son évolution, la manière dont je le perçois. Ce petit arrière goût de " risque " est  pourtant agréable, tout spécialement incarnée par quelques personnages ayant eu connaissance de ce lieu, quand je pensais ça raisonnable. Je pense notamment à F., j'aime beaucoup F., ce mec et moi partageons nos routes depuis des lustres. J’aime F., j’ai là un Ami, et je trouve même frustrant de n’être capable de le détailler plus à ce moment précis. Mais serait-ce bon de laisser en ces lieux vaquer mon esprit à quelques phrases élogieuses, neutres, ou assassines ? Je crois pouvoir encore utiliser par deux, ou trois fois, notre bel alphabet  pour dénommer de potentiel connaisseur de ce blog... mais c'est là beaucoup moins important... peut être même insignifiant, dans le fond. C'est grave docteur ?

Finalement, cette note n'a pas vraiment de sujet, elle n'est rien qu'un amas d'incertitudes. D'ailleurs, ce soir, le programme d'M6 est également relativement incertain: une horde de menthes religieuses décide d'envahir la Terre et d’exterminer l'humanité... je peux bien me permettre une note incertaine, à côté de ça, vous en conviendrez. Croyez le ou non, mais maintenant que je tends l'oreille pour vous compter la stupidité et la décadence de mes choix de programmes nocturnes - tout comme les programmes en eux-mêmes - un pauvre type, sans nuls doutes, au ton et au visage grave me confit que les mâles ne contrarient pas les femelles qui dirigent tout. Damned. Nous ferions de bonnes menthes religieuses, sans nuls doutes.

Ceci me fait penser à M. Je me laisserais volontiers diriger par M., pour peut qu'elle m'autorise à me perdre dans ses yeux, imaginant les pires pêchés, planifiant mes perditions suivantes. Je voudrais me perdre dans M. toute entière je crois. Mais ceci fera l'objet d’une note nouvelle. Oui.  Il est bon de recommencer.

 

 

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Jeudi 3 juillet 2008

 

Un jeudi. Aux alentours de 10h30. Je me dépêche pour ne pas que l’imagerie se dissipe. Elle me devançait de quelques minutes. A mesure de ma progression, le pas vif et décidé, je rejoue une pièce familière, en répète chaque réplique et visualise chaque mouvement. Une de plus Une de moins ; Amourettes et Passions. La bouche de métro m’avale. Enfer de mon récital.

Talon épousant le sol d’une pose franche, dans une continuité presque troublante, stature fière, courbes élancées, jouant les arrondis avec le cadre blanc de la scène, cette bouche de métro. Le tableau est sublime, Elle est sublime. De cette atmosphère dominée par des tons grisonnants se démarque sa chevelure rousse. Le métro arrive, les courants d’airs démolissent la fixité parfaite de la scène. L’appel d’air souffle les braises et allume la flamme : ses cheveux virevoltent.

Les stations défilent. La pression monte. Toute la question, toutes les espérances, toute la subtilité de l’instant réside en un seul évènement : quand va-t-elle descendre ? A chaque arrêt mon cœur palpite un peu plus : elle regarde dehors, fixe les stations, je regarde en dedans, fixe mes émotions. Toujours la même chose, au fond. Cette banalité devient tellement frustrante, gâchant la surprise de fin : elle se lèvera, je n’aurais rien fais, ne ferais rien… une place se libère à côté d’elle. J’hésite, me questionne, je m’avance, on me devance, je recule… « Toujours la même chose, au fond. Cette banalité devient tellement frustrante, gâchant la surprise de fin : elle se lèvera, je n’aurais rien fais, ne ferais rien… »

Elle se lève. Je la regarde faire, impuissant, animé d’une pulsion insoutenable, mais scotché dans ma prison de ferraille, ne pouvant que rester spectateur. Je la regarde s’éloigner. A chacun de ses pas, chaque fois que ses talons effleurent le sol, mon cœur s’ouvre d’avantage, ma raison se tord, jusqu'à ce que sonne mon glas : les portes de ma prison claquent, me laissant avec ma frustration comme sentence. « Toujours la même chose, au fond. Cette banalité devient tellement frustrante, gâchant la surprise de fin : elle se lèvera, je n’aurais rien fais, ne ferais rien… » Une de plus Une de moins ; Amourettes et Passions, fin de l’acte.

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Lundi 23 juin 2008


   

  Une nuit. Encore trop tôt.

«  Merci Madame… » Elle répond Mademoiselle, avec malice, et fierté, bien entendu. Elle me fait marcher, une aussi jolie femme… « J’aimerais mieux ». Non, Elle me fait rêver. Peut-être pourrais-je l’inviter à boire un verre. Elle accepte, « volontiers ». Je lui demande, elle me répond. Elle s’appelle M… .

-  « Quel prénom charmant ! Ne craignez-vous pas, M…, que l’on vous appelle Madame, aux bras d’un   homme ?
-   Je n’y perdrais pas. »

Que de flatteries… Elle me ferait presque espérer, si ce n’est plus, mon rêve réalité. Ma sincérité l’incommode… Il faut que je sache, tout ceci pour elle n’est qu’un jeu.

-  « Ha ha ! Voila en fait longtemps, Madame, que je sais que le rêve, cette farce de l’esprit,  croise que trop rarement le chemin du Réel…
-   Mais vous espérez encore… »

Mais j’espère encore.
                 Bien sur ! De là né la mélancolie, mais aussi la romance. Elle sourit. « La nuit est si claire ! » ne l’obscurcissons pas de nos balivernes. Cette nuit est à nous, je l’invite à danser. La place est grande, magnifique, alors que nous tournons, tournons, tournons… le porche, fleuri, est éclairé par la lumière jaunie de mon esprit, fléchissant.

-  « M…, ça va se terminer. Douze coups de minuit vont sonner et je dois m’arrêter de rêver, sans quoi je laisse mon cœur prisonnier.
-   Nous reverrons-nous ?!
-   Bien sur… je l’espère… je le rêve. »

Le cortège qui me l’avait apportée me la reprenait, avec autant de classe. Je me réveillai. Je passerais le reste de ma nuit dans un état comateux, comme fuyant ce « rêve », le souvenir.

Dommage, la rétro-spective était plaisante.

 

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Mercredi 28 mai 2008

 


      

       

Mercredi. Envie décrire, ou  besoin. Doux paradoxe au devant de mon écrasante productivité des derniers temps... quelqu'un disait-il que la nécessité fait loi ? Frustration.

Papier Froissé, voila seulement ce que sont ces tristes nouvelles.

La flamme brûle mes passions et échauffe mes désirs. La belle à la chevelure de feu m'embrase et me consume, consume mon papier déjà noircit, ce papier crépitant sous le froissement. Mes idées se froissent.

Du papier ainsi brûlé, des mots encore brûlant, naît le nuage enfumant mon esprit. La fumée dessine ses traits, grisés. Derrière, le rappel de la flamme, rougeâtre.

Peut être la fin d'une histoire que je n'ai même pas commencée. Même pas romancée.

03h14. Je me brûlai les doigts.

 

Par 'Lex - Communauté : Poetes Maudits
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Dimanche 21 octobre 2007

fille-dos-noir-et-blanc.jpg                 
            
            Mardi. 14h45, commence alors mon dernier cours de la journée, le plus dur, le plus ennuyeux, mais sans nul doute le plus existant : j'y vois toujours la fille de la fac. Cela fait maintenant quelques temps que je ne l'ai pas vue en compagnie de son amant... il ne m'en faut pas plus pour me prendre en flagrant délit d'espérance. 
                Elle est assise un peu plus en avant, sur ma gauche. Ma vue est pleinement dégagée. Comme a mon habitude, je la contemple, bercé par la voix - trop - posée de notre enseignante, que je n'échangerais pourtant pour rien au monde. En effet, ses interventions toujours faites " rapidement " , " juste pour revenir sur un point, très rapidement " sont une véritable bénédiction. Elle a beau le répéter à chaque phrase, il me semble que concrètement, la seule chose qu'elle fait " rapidement ", c'est justement de prononcer ce mot... comme si elle-même en était que très peu convaincue. Ayant en plus de cela la fâcheuse tendance à se perdre dans ses explications, nous connaissons mieux la vie de ses amis et ses anecdotes du café du coin que la théorie des Pulsions de notre tant aimé Freud.
                C'est donc lors d'une de ses histoires que je contemplais la belle, me demandant si les quelques regards que nous échangions n'étaient que fortuits, ou si quelque chose de plus profond se cachait derrière ceci. Question existentielle, vous en conviendrez. J'étais, alors en pleine réflexion, poussé au réveil, à quelques moments stratégiques, par le vent qui, j'en jurerais, prenait un malin plaisir à faire s'entrechoquer la fenêtre contre le dossier de ma chaise. Grande fut ma déception quand je constatais avec effroi que mon réveil improvisé ne pourrait être arrêté : la poignée de la fenêtre était cassée. A cet instant, je trouvais réponse a l'une de mes interrogations : non, les étudiants n'étaient pas pris d'un élan de sérieux, délaissant la place de planqué du fond... non, les étudiants avaient simplement repéré le piège ! J'étais certes fort de cet éclaircissement, mais, en revanche, je ne savais toujours pas si ces quelques regards étaient le fruit d'un hasard douloureux, ou non. Je terminais le cours jonglant entre subtil maintien de la fenêtre et regards passionnés vers la fille de la fac. D'ailleurs, si j'en juge à sa manie d'écrire, ou non, en accord parfaitement chaotique avec la logique étudiante ( celle du bon étudiant, cela va de sois ) je crois pouvoir dire qu'elle se passionne autant que moi pour les ragots de cafés de notre chère chargée de TD.

               Le cours est fini. Enfin je vais pouvoir profiter des joies du métro parisien ! Je ne croyais pas si bien dire. La fille de la fac est là, elle aussi. Nous ferons le voyage, malheureusement bien trop cours, à quelques centimètres l'un de l'autre. Et là, une question me brûle les lèvres : Pourquoi les filles, plus particulièrement celles qui vous font craquer, c'est évident, ne vous regardent jamais dans les yeux dans le métro ? Je vous rassure, je n'attends pas de vous toute une thèse socio-psychologique sur la question. 
              Si nos regards se croisent à la fac, là, dans ce wagon de métro, elle reste le regard figé, je croirais presque qu'elle voudrait à tout prix éviter de me regarder. Probablement de façon totalement subjective, je la sens gênée, me permettant alors ainsi d'accroître toujours plus mes espérances. Je tourne la tête. Son amie a le regard fixé sur moi... j'esquisse un sourire, comme pour me lavé de toute culpabilité : " quoi ?! J’étais hypnotisé par la fille de la fac, n'en décollant pas le regard, pensant être discret et ayant complètement occulté le fait qu'elle n'était pas montée seule ? Mais non, absolument pas, je ne suis pas pris au dépourvu. " Elle détourne le regard.
    Michel-Ange Molitor, je descends, laissant derrière moi la fille de la fac.


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fille-ombre-2.jpg

             Mercredi. Metro Madeleine. Comme chaque mercredi, je dispose de ma journée, et là je reviens de Pigalle, avec ma guitare sur le dos. Je descends donc du métro et me dirige vers les escaliers surpeuplés menant à la ligne 14. J'entame la descente, remarquant une silhouette familière en face de moi, montant. C'était elle, la fille de la fac. Nous nous croisons, nous nous frôlons, nous nous effleurons même. Le temps de réaliser, il est trop tard. Déjà la foule à engloutie la Belle, me permettant tout juste de tourner la tête, ne me laissant qu'avec cette sensation du côté gauche, celle d'avoir effleuré quelque chose d'indélébile. Je revois son expression qui, au fur et à mesure que j'avance, elle aussi, finie derrière moi. Quel hasard ! La croiser ici, alors que rien ne le laissait présager.
           Alors que je termine ma folle descente, je constate à mesure que j'évolue dans le couloir qu'il y a anormalement foule, a tel point que l'accès à la ligne 14 en est bouché. En effet, un colis suspect à St Lazare perturbe le trafic. 
             Me voilà donc revenant sur mes pas, comme a la poursuite d'une expression, d'une sensation de marquage indélébile, de la fille de la fac. Oui, comme s'il s'agissait d'un signe, je devais y retourner. Seulement à présent l'expression était trop floue, trop subjective, le marquage indélébile ne l'était pas. Tout avait disparus, de ma tête comme du quai.
           Ainsi je remontai dans le métro, frustré à souhait, imaginant les divers itinéraires qu'elle aurait pu emprunter, tout en rejouant sans cesse cette scène ou, plutôt que de la laisser filer, je l'aurais arrêtée pour une raison sans cesse changeante, ajoutant toujours un nouvel élément, une nouvelle phrase, une raison nouvelle de me faire du mal.

Par 'Lex
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